Résumé

Si la coopération transfrontalière franco-belge en matière de santé a, dans le cadre de l’UE, réalisé des avancées marquantes dans le domaine de l’accès aux soins de qualité de proximité, certains domaines restent inexplorés. Le projet COPROSEPAT se concentre sur la prévention et l’éducation thérapeutique du patient (ETP) tout en soutenant une dynamique de coopération sanitaire. Il vise en outre à apporter des réponses au développement des maladies chroniques et, donc, de déployer des actions de prévention et d’ETP à l’égard des maladies cardio-vasculaires, du diabète etc., en s’appuyant sur les coopérations transfrontalières sanitaires. Sur base de cette logique d’action, le partenariat du projet propose  de réaliser un diagnostic santé partagé du territoire frontalier ; harmoniser les pratiques en ETP en coopération avec les professionnels de santé ; mettre en place des actions ETP pour renforcer le pouvoir du patient malade chronique sur sa santé ; renforcer l’accès aux soins et à l’ETP des personnes les plus fragilisées ; approfondir la complémentarité entre les deux versants frontaliers sur le plan sanitaire et médico-social pour intégrer ce nouveau champ d’action.

Les modules de travail

Le projet COPROSEPAT est constitué de plusieurs modules de travail, en plus des modules de gestion de projet (module 1) et de communication (module 2). Nous vous présentons ci-dessous les objectifs de chacun des modules de travail.

Réalisation d’un diagnostic partagé santé du territoire frontalier (module 3)

L’amélioration de la qualité de vie des habitants sur un territoire est une priorité des opérateurs du projet COPROPRESAT, mais aussi des élus, des institutions, des partenaires. Les diagnostics territoriaux de santé sont un outil irremplaçable pour recenser les enjeux et priorités locales en matière de santé. L’étape du diagnostic permet de stabiliser une vision clarifiée des forces et atouts du territoire, mais aussi de ces ressources et de leur adéquation avec les objectifs recherchés. Un focus particulier sera consacré aux populations en état de précarité et de fragilité sanitaire.
Cet état des lieux reposera sur la définition d’une vision de la santé globale et positive, et s’appuiera sur une analyse des déterminants de santé (biologique, environnementaux, habitudes de vie, système de santé …). Les recueils de données quantitative et qualitative donneront lieu à une analyse combinée. Le recueil de données quantitatives permettra d’agréger des données éparses à la taille du territoire d’observation et ainsi de repérer les sous-territoires qui présenteraient un risque de déficit d’accès et/ou de connaissance de l’offre de santé en générale et de l’offre en éducation du patient en particulier. L’analyse des données issues des grands systèmes d’informations statistiques (SIS) et/ou des grandes enquêtes nationales, permettra ainsi une objectivation des besoins et des réponses existantes et permettra de décrire l’état de santé de la population, le contexte sociodémographique du territoire, les données environnementales relatives à la santé, les données relatives aux comportements de santé, l’offre de soins, médico-sociale, sociale… La démarche de type qualitative permettra, elle, de recueillir les besoins et demandes exprimées par les professionnels, les élus, la population. Cette partie qualitative à volonté d’interprétation permet de donner du sens aux données statistiques mais aussi favorise la mobilisation des acteurs du territoire.
Ce diagnostic sera complété par un travail de recensement et d’identification des structures œuvrant dans le champ de de l’éducation du patient. Cette partie sera présentée sous forme d’atlas.

Harmonisation des pratiques en ETP en coopération avec les professionnels de santé (module 4)

La stratégie de ce module portera sur le renforcement de l’offre d’accompagnement des personnes atteintes de maladies chroniques en milieu rural.
Objectifs spécifiques :
  • Renforcer les connaissances et compétences en ETP et en promotion de la santé des acteurs du parcours de santé des personnes atteintes de maladie chronique.
  • Renforcer la collaboration entre les professionnels du parcours de santé des personnes atteintes de maladie chronique.
Objectifs opérationnels :
  • Recenser les besoins, les représentations et les savoirs expérientiels en matière d’ETP des professionnels, des personnes atteintes de maladies chroniques et de leur entourage.
  • Mettre en place deux formations par an sur les concepts d’éducation thérapeutique du patient et de promotion de la santé en direction des professionnels du parcours de santé.
  • Mettre en place deux temps d’échanges par an (durant trois ans) autour des questions d’éducation thérapeutique.
  • Proposer 10 jours d’accompagnements méthodologiques par an à destination des professionnels
Seront réalisées :
  • Une évaluation de processus : au regard de critères tels que la population cible rejointe dans le projet, la nature de réajustements réalisés, le nombre et la typologie d’actions menées, la satisfaction des participants, la répartition des rôles au sein du projet…
  • Une évaluation de résultats avec les effets des interventions auprès des professionnels (montée en compétences, évolution des représentations, des attitudes et des pratiques, meilleure collaboration, etc.),
Pour atteindre et évaluer ces objectifs différents outils seront créés : des outils de suivi, un guide d’entretien individuel, un guide d’entretien pour les focus group, un protocole d’évaluation, des questionnaires d’évaluation, des programmes de formation, des diaporamas d’intervention…

Mise en place de parcours éducatif (module 5)

Parmi les risques de pathologies cardiovasculaires et de maladies chroniques, la prévalence de l’obésité chez l’adulte dans la région Champagne-Ardenne est celle qui a le plus augmenté au cours des 15 dernières années (+150%).
La stratégie de ce module est d’animer un parcours de santé en milieu rural.
L’objectif spécifique du module vise à intégrer dans les pratiques quotidiennes des professionnels de proximité des outils donnant aux individus davantage de maîtrise de leur propre santé et davantage de moyens de l’améliorer.
Le module vise à offrir aux patients de la zone transfrontalière franco-belge une ETP en insuffisance cardiaque (IC) sous forme d’ateliers pratiques collectifs à proximité de leur domicile en collaboration avec les médecins généralistes et les infirmier(e)s de domicile de la région (UCL CHU NAMUR – UGECAM – CSL VIVALIA – Hôpital de Mont Saint Martin Groupe SOS Santé).

Renforcer l’accès de tous aux soins et à l’ETP et l’équité en santé (module 6)

Actuellement, de plus en plus de personnes malades renoncent aux soins dont elles ont pourtant besoin.
Pour des milliers d’entre elles, le parcours de soins devient un parcours du combattant et les programmes de prévention et de promotion de la santé n’ont que très peu d’impact sur elles.
Aux difficultés de la vie quotidienne (faibles ressources, logement précaire, éloignement d’un centre de soins, …) s’ajoutent la méconnaissance des circuits administratifs et la complexité des démarches pour accéder aux droits socio-sanitaires. Les pathologies rencontrées sont, pour la plupart, liées à des conditions de vie difficiles. Elles relèvent de problèmes cardio-vasculaires, respiratoires, ostéoarticulaires, bucco-dentaires, obésité…
Pour ces personnes vulnérables, le cumul des difficultés provoque aussi des troubles mentaux avec perte de préoccupation vestimentaire et d’hygiène. La personne perd alors toute estime de soi et ne prend plus soin de sa santé. Face à ce constat, ce module propose de s’attaquer à ces problématiques et d’apporter des réponses adaptées pour lutter contre les situations génératrices de ces situations socio-sanitaires.
L’objectif général consiste à améliorer l’accès aux soins pour tous et à adapter les messages de prévention et de promotion de la santé afin qu’ils collent le mieux possible à la réalité vécue par les personnes les plus fragiles et les plus précarisées de notre public cible.
Pour atteindre nos objectifs il est indispensable de partir à la rencontre des professionnels de santé, des professionnels de terrain tous secteurs confondus mais surtout des personnes qui vivent ces situations de fragilité et de précarité.
Le module nous apportera une vision précise de la situation de part et d’autre de la frontière. Nous pourrons ainsi évaluer les difficultés, les attentes et les besoins des professionnels en lien direct avec ce public fragilisé. Nous proposons d’effectuer la même démarche avec les personnes fragilisées et précarisées par le biais d’associations, de réseaux qui les rassemblent et ou les représentent. L’objectif est de co-construire avec elles des actions qui leur parlent, les rendre acteurs et porteurs de projets afin qu’elles se réapproprient leur santé.

Intégration des objectifs et réalisations du micro-projet MOSAN

Le micro-projet MOSAN, qui a débuté le 01/07/2018 et qui s’est terminé le 31/12/2019, est une « expérimentation franco-belge de mobilité transfrontalière en santé ». Il vise à répondre aux problématiques de démographie médicale et d’accès aux soins sur le territoire de la Pointe Nord des Ardennes, territoire français enclavé en Belgique, et classé parmi les déserts médicaux français. Dans ce contexte, le micro-projet MOSAN est un projet expérimental visant à permettre la mobilité transfrontalière de personnel médical du CHU UCL Namur vers le Pôle médical de Givet.
Le micro-projet MOSAN a été intégré dans le projet COPROSEPAT à partir du 1/1/2020. De la sorte, les objectifs de lutte contre la désertification médicale de la Pointe Nord des Ardennes pourront être poursuivis ainsi que ceux de l’amélioration de l’accès aux soins transfrontaliers. Ces objectifs pourront être d’autant plus concrétisables que des actions de prévention et d’éducation thérapeutique du patient pourront être développées pour dynamiser le Pôle médical de Givet.

Partenariat du projet

Bénéficiaire chef de file

GEIE OEST Observatoire Européen de la Santé Transfrontalière

Opérateurs partenaires

  • Observatoire Régional de la Santé Grand Est
  • Observatoire de la Province de Luxembourg
  • Mutualité Socialiste du Luxembourg
  • CSL Vivalia
  • Hôpital de Mont Saint Martin Groupe SOS Santé
  • CHU UCL Namur
  • ASMUP08
  • COTRANS

Opérateurs associés

  • UGECAM des Ardennes
  • Centre Hospitalier de Sambre Avesnois
  • CPAM de Meurthe et Moselle
  • CHR Mons-Hainaut
  • CH Mouscron
  • Mairie de Givet
  • Mutualité Chrétienne de la Province de Luxembourg
  • Mutualité Libérale du Luxembourg
  • CPAM de la Meuse
  • Munalux
  • Chronilux

Coût du projet

Coût total : 1.596.678,44€
Financement FEDER : 798.339,22€

Durée du projet

01/04/2019 – 31/12/2022